Matt Christensen - AXA IM - Le "big bang" se poursuit

Le ‘Big Bang’ se poursuit

La COP21 de Paris en 2015 a été perçue comme une forme de « big bang » dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Mais l’adoption du nouvel accord qui en a découlé s’est accompagnée d’un certain scepticisme. En effet, nombre d’entre nous se sont interrogés sur la capacité des entreprises à intégrer des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans les modèles traditionnels de gestion d’actifs.

À peine trois ans se sont écoulés, et plutôt que de s’éteindre face à des vents politiques et populistes contraires, l’appel en faveur d’une plus grande adéquation entre la finance et le bien-être futur de la planète et de ses habitants n’a fait que se renforcer.

"Plus surprenant encore : l’investissement à impact social s’est imposé dans le domaine de la gestion d’actifs, à une vitesse telle que cette approche, tout comme  l’intégration ESG, semble même commencer à se banaliser".


Par ailleurs, les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies ont rencontré un vif succès et tiennent désormais le rôle de catalyseur, capable de transcender les frontières pour forger un langage commun que les clients comprennent. 

En effet, les professionnels de l’investissement ont accueilli avec un enthousiasme non dissimulé l’appel à l’action lancé par les Nations unies à travers les ODD. Ces objectifs ont non seulement fourni un cadre de travail logique pour les détenteurs d’actifs, mais ils ont également donné l’impulsion nécessaire pour passer à l’action.  La volonté de remonter plus encore dans la chaîne de valeur de l’investissement comporte néanmoins un risque de dilution - d’autant plus que l’investissement d’impact se tourne désormais vers les marchés réglementés.

Dans le cadre de cette transition vers les marchés réglementés, nous sommes particulièrement soucieux de préserver les grands principes de l’investissement d’impact, dans la continuité de notre engagement de longue date pour l’investissement responsable (IR) et de nos activités d’investissement d’impact en private equity. Ce sujet fait l’objet de vifs débats et nous l’aborderons donc de façon très directe dans ce rapport. Nous partagerons différents cas pratiques, illustrant les enseignements que nous avons su tirer de notre activité de private equity, et qui pourraient s’appliquer à l’investissement d’impact social sur les marchés réglementés.

De façon générale, nous assistons à une transformation de la gestion d’actifs, transformation qui passe par une redéfinition du rôle du capital pour une meilleure prise en compte des besoins à long terme. Ce phénomène est lié à une prise de conscience progressive du fait que l’intégration ESG, en général axée sur les risques, est une nécessité, de même que l’investissement d’impact, axé sur un impact positif spécifique.

L’accent mis par AXA IM sur ces deux domaines se traduit par des stratégies, des outils et une réflexion qui anticipent les évolutions futures afin d’accompagner la métamorphose en cours.  

La régulation s’empare du sujet

Au cours de l’année écoulée, la régulation financière a commencé à intégrer les critères ESG. En France, l’article 173 est entré en vigueur, exigeant des investisseurs institutionnels qu’ils documentent en interne leur travail d’intégration ESG et leur analyse des impacts possibles du changement climatique.

Dans la même veine, le Groupe d’experts de haut niveau (HLEG - High-Level Expert Group) de la Commission européenne a finalisé ses travaux, et le calendrier de mise en œuvre des recommandations doit être publié très prochainement.  Notre entretien avec Christian Thimann, président du HLEG, nous laisse penser que ces recommandations sont ambitieuses et, compte tenu de leur portée transfrontalière, qu’elles sont susceptibles de provoquer des changements significatifs et réels.

Pour faire face à ces nouvelles exigences réglementaires, AXA IM s’est appuyé sur son dispositif primé1 de reporting des risques climatiques pour analyser l’impact ESG sur toutes les classes d’actifs et étudier la façon la plus pertinente de faire évoluer les allocations d’actifs dans le temps. 

Nos activités de gestion reflètent notre position sur le changement climatique - notre politique de vote exige désormais que l’impact climatique des décisions prises aux assemblées générales soit plus clairement établi. Nos initiatives d’engagement se sont concentrées sur les entreprises des secteurs les plus touchés afin de les inciter à une plus grande transparence sur leur stratégie de résilience au risque carbone, dans un monde où des contraintes de plus en plus fortes pèsent sur les énergies fossiles.

Investissement responsable 3.0

Aujourd’hui, nous avançons dans la troisième phase de l’élaboration de notre politique d’investissement responsable. L’IR 3.0 continuera à se concentrer sur les attentes de plus en plus élevées de nos clients, à un moment où l’intégration ESG devient une pratique de plus en plus répandue et où l’investissement d’impact n’est plus une niche. 

Par ailleurs, nous mettons à profit les avancées technologiques pour développer un outil de visualisation de pointe, qui mesure la traçabilité ESG et les impacts concrets grâce à des KPI2.  Cet outil informatique aidera nos clients à comprendre plus facilement la performance de leurs actifs - à travers une série d’indicateurs qui vont au-delà de critères financiers.  L’objectif est d’offrir un reporting plus transparent sur les implications ESG sous-jacentes et l’impact de leurs investissements.

 

1 Prix international du meilleur reporting climatique des investisseurs du ministère de l’Environnement en 2016. Les performances passées ne sauraient présager des résultats futurs. Les classements et récompenses mentionnés ne présagent pas des classements ou récompenses futurs et ces informations sont nécessairement évolutives.

2 KPI – Indicateurs clés de performance