Coup de projecteur sur le changement climatique

L’Accord de Paris a constitué une avancée majeure dans la lutte contre l’augmentation des émissions mondiales et pour atteindre la neutralité carbone d’ici la seconde moitié du siècle. 

Cependant, les engagements climatiques des pays ne suffisent pas pour contenir la hausse des températures bien en deçà du seuil de 2 °C. En particulier, les systèmes financiers traditionnels n’intègrent pas les impacts du changement climatique et faussent donc les évaluations des risques et des rendements. Les évolutions réglementaires s’accélèrent en conséquence et les détenteurs et les gérants d’actifs doivent s’adapter rapidement pour rester dans la course. 

Nos initiatives liées aux contraintes réglementaires et à nos propres ambitions reflètent nos efforts constants pour lutter contre le changement climatique.

Gérer notre exposition aux risques climatiques

Nous disposons de plusieurs leviers pour lutter contre les effets du réchauffement climatique. Nous incitons les entreprises à être plus responsables à chaque étape du processus d’investissement grâce à notre analyse ESG, à nos systèmes de notation et de reporting, ainsi qu’à notre politique en matière de vote et d’engagement.

En apparence, les questions climatiques peuvent paraître relativement simples. Pourtant, en réalité, il existe des zones grises qui requièrent une attention particulière. Nous avons élaboré des outils et des politiques qui nous aident à tenir compte des risques et des opportunités liés au climat dans nos décisions d’investissement. 

  • Intégrer le risque climatique dans notre analyse : 
    Notre analyse ESG repose sur un cadre d’évaluation des risques et des opportunités susceptibles de déstabiliser les modèles sectoriels et les modèles économiques des entreprises. La note ESG tirée de cette analyse basée sur plus de 6000 entreprises permet aux gérants de prendre des décisions d’investissement plus éclairées. En outre, nous concevons actuellement des outils plus sophistiqués destinés à évaluer les risques carbone dans les secteurs dont les risques de transition sont les plus critiques.
  • Mesure et réduction des émissions de carbone :

    Le calcul de l’empreinte carbone est essentiel à l’évaluation et au contrôle des risques carbone. Nous sommes favorables à l’amélioration du reporting d’impact. Nous avons, au cours de l’année, testé des indicateurs permettant de suivre et de contrôler les risques liés à la transition climatique. Nous avons testé un certain nombre de KPI[1], notamment le mix technologique des entreprises, leur exposition aux combustibles fossiles, leur structure en matière d’investissement et leurs réserves de combustibles fossiles. Nous avons, à partir de ces données, comparé la contribution à l’empreinte carbone des entreprises et des secteurs par rapport à des données de référence. Cette analyse s’est avérée précieuse, en révélant comment les portefeuilles pouvaient considérablement réduire leur empreinte carbone grâce à une sélection de titres rigoureuse, sans exclure des secteurs entiers.

    Le graphique ci-dessous montre cet outil à l’œuvre. Les graphiques montrent la répartition de l’empreinte carbone dans un fonds modèle par rapport à un fonds de référence, et les secteurs concentrant les plus fortes expositions. 

Source : AXA IM, Trucost. Octobre 2017. Graphiques et tableaux à titre illustratif uniquement. 

Si l’évaluation de l’empreinte carbone est essentielle, elle n’est pas pour autant suffisante. Nous militons en faveur d’une amélioration du reporting climatique afin de répondre aux exigences de l’article 173 de la Loi sur la Transition Ecologique et Energétique et d’intégrer les recommandations du groupe de travail sur le reporting financier des risques liés au climat (Task Force on Climate-related Financial Disclosure, TCFD).

  • Réduire notre exposition aux combustibles fossiles : 
    Les actifs liés au charbon risquent d’être délaissés par les investisseurs, en raison du durcissement de la réglementation et de la transition vers des énergies plus propres. Pour investir dans les sociétés énergétiques, il est crucial de s’intéresser à leur mix de revenus et aux actifs inscrits au bilan, car la capacité à monétiser ces actifs favorisera l’afflux de revenus et la croissance futurs.  
    L’an dernier, AXA IM a décidé de se désengager d’entreprises dont l’exposition aux activités dans le charbon était jugée trop élevée en termes d’impact carbone et de risque climatique. Le désengagement du charbon doit être considéré avec attention. Si cette solution peut constituer la seule option lorsque les risques sont trop élevés, elle peut également constituer une réponse simpliste à une problématique compliquée et anéantir tout espoir d’amélioration par le biais de l’engagement.
  • Contribuer à la transition énergétique en investissant dans des actifs verts et en contrôlant leur « part verte». 
    Notre cadre d’analyse relatif aux obligations vertes nous permet d’investir dans des projets véritablement écologiques. Notre processus repose sur quatre piliers : La qualité ESG de l’émetteur, le type de projet, l’utilisation des fonds et la traçabilité des impacts. Grâce à cette approche très sélective, nous sommes en mesure de comparer les projets écologiques et d’affecter nos investissements en conséquence. En outre, nous travaillons sur l’évaluation de la « part verte » de nos portefeuilles. Cette part verte correspond au pourcentage moyen du portefeuille d’activités d’un émetteur, c.-à-d. sa composition de produits et services, qui favorise la transition énergétique.
  • Vote et engagement  

    Nous nous engageons directement auprès d’entreprises et dans une coalition d’investisseurs afin de contribuer à améliorer les processus de reporting sur la résilience au risque carbone. Au cours de l’année, nous étions engagés auprès de 36 entreprises appartenant à quatre secteurs : pétrole et gaz, services aux collectivités, exploitation minière et automobile.

    Grâce aux résolutions des assemblées générales, il est possible d’accélérer la planification stratégique sur le changement climatique. AXA IM a révisé sa Politique de gouvernance d’entreprise afin de mettre en avant le rôle crucial des entreprises qui s’attaquent à la question clé du changement climatique. Notre politique indique que nous appuierons les résolutions allant dans ce sens lors des assemblées générales. Toutefois, nous ne nous contentons pas des résolutions des assemblées générales pour faire entendre notre voix. Nous utilisons en effet d’autres résolutions pour signaler nos inquiétudes éventuelles liées à la gestion des risques climatiques. L’historique de nos votes est cohérent avec notre politique en matière de climat, contrairement à certains de nos concurrents. Un article du Financial Times sur les résolutions liées au changement climatique déposées dans 15 entreprises américaines majeures des secteurs du pétrole et du gaz ainsi que des services aux collectivités en 2017 révèle qu’AXA IM a systématiquement voté en faveur de ces résolutions. En revanche, d’autres gérants d’actifs ont voté contre ces résolutions lors de 13 assemblées sur 15. Seuls deux autres gérants européens ont voté en faveur de toutes les résolutions et communiqué leurs votes aux côtés d’AXA IM. 
  • Collaboration: Nous avons décidé de mettre davantage l’accent sur les activités collaboratives menées avec d’autres investisseurs partageant notre vision, car nous pensons qu’en matière de changement climatique, l’union fait la force. Nos activités incluront :
  1. La participation au GlobalClimate 100+, un projet sur cinq ans qui cible et s’engage auprès des 100 plus grands émetteurs de gaz à effet de serre, lesquels représentent 85 % des émissions annuelles et 5500 milliards de dollars. Cet engagement vise à limiter les émissions, à renforcer le reporting financier lié au climat et à améliorer la gouvernance en matière de risques relatifs au changement climatique. Il s’inscrit en phase avec les recommandations du TCFD et s’appuie sur le travail que nous accomplissons avec le Groupe d’investisseurs institutionnels sur le changement climatique (IIGCC) dans le cadre duquel nous nous engageons auprès d’entreprises des services aux collectivités et du secteur automobile. 
  2. Nous étudions aussi des options pour travailler en collaboration avec d’autres entreprises en utilisant le cadre du TCFD qui intègre des émetteurs d’autres secteurs pour lesquels le changement climatique pose un risque financier.
  3. Nous continuerons à user de nos droits de vote pour encourager des comportements plus responsables. Si des entreprises n’apportent pas de réponses adéquates aux problématiques climatiques, nous utiliserons d’autres leviers que les résolutions d’actionnaires et voterons contre toute une série de résolutions concernant notamment le rapport et les comptes annuels, les élections des administrateurs et la rémunération.

La transition vers un monde bas carbone crée de nombreuses opportunités, car les nouvelles technologies et la recherche constante d’efficacité redessinent nos modes de production et de consommation. En tant qu’investisseur majeur, nous considérons que nous avons un rôle à jouer dans cette transition. Nos politiques, nos recherches et, surtout, nos actions, ont permis de tendre vers cet objectif tout au long de l’année. 

1KPI – indicateur clé de performance